{"id":42977,"date":"2026-03-27T17:54:08","date_gmt":"2026-03-27T15:54:08","guid":{"rendered":"https:\/\/citizenshiprightsafrica.org\/?p=42977"},"modified":"2026-03-31T17:56:17","modified_gmt":"2026-03-31T15:56:17","slug":"nationalite-gabonaise-un-nouveau-code-de-servitude-civique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/citizenshiprightsafrica.org\/en\/nationalite-gabonaise-un-nouveau-code-de-servitude-civique\/","title":{"rendered":"Nationalit\u00e9 gabonaise : un nouveau Code de servitude civique"},"content":{"rendered":"<p>Sign\u00e9e le 26 f\u00e9vrier 2026 et publi\u00e9e au Journal Officiel le 25 mars 2026, l\u2019ordonnance portant Code de la Nationalit\u00e9 Gabonaise est peut-\u00eatre le texte le plus dangereux sign\u00e9 depuis le coup d\u2019\u00c9tat d\u2019ao\u00fbt 2023. Sous couvert de modernisation juridique, ce code de 88 articles organise froidement la confiscation de la nationalit\u00e9 par l\u2019ex\u00e9cutif, fabrique des citoyens de seconde zone et arme l\u2019\u00c9tat contre ses propres ressortissants. GabonReview l\u2019a lu en entier. Ce qu\u2019il contient d\u00e9passe l\u2019indignation.<\/p>\n<p>Il y a des lois qui se donnent des airs de modernit\u00e9 tout en creusant, m\u00e9thodiquement, les fondations d\u2019un ordre autoritaire. L\u2019ordonnance n\u00b00004\/PR\/2026 du 26 f\u00e9vrier 2026, portant Code de la Nationalit\u00e9 Gabonaise, est de celles-l\u00e0. Sign\u00e9e par le pr\u00e9sident Brice Clotaire Oligui Nguema, ce texte de 88 articles n\u2019est pas un code. C\u2019est un instrument de contr\u00f4le. Une architecture juridique de la domination, habill\u00e9e en droit civil.<\/p>\n<p>Il faut sans doute commencer par le plus r\u00e9v\u00e9lateur. L\u2019article 45 dispose, sans fard ni d\u00e9tour, que \u00abla r\u00e9ponse du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sur la question de la naturalisation rel\u00e8ve de son pouvoir discr\u00e9tionnaire\u00bb. Traduction : vous pouvez satisfaire \u00e0 toutes les conditions, r\u00e9sider depuis dix ans, payer vos imp\u00f4ts, \u00e9lever vos enfants sur ce sol, il n\u2019a aucun compte \u00e0 vous rendre. La nationalit\u00e9 gabonaise, sous ce code, est une gr\u00e2ce souveraine, pas un droit. On est loin de l\u2019\u00c9tat de droit. On est dans la logique du palais.<\/p>\n<p>La nationalit\u00e9 comme arme : du droit civil au droit de police<\/p>\n<p>Mais c\u2019est l\u2019article 64 qui r\u00e9v\u00e8le la vraie nature du texte. Tout Gabonais qui m\u00e8ne des \u00abactions subversives et d\u00e9stabilisatrices contre le Gouvernement\u00bb peut \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9 avoir renonc\u00e9 \u00e0 sa nationalit\u00e9 et la perdre de plein droit, par d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel, sans proc\u00e8s. Le mot subversif n\u2019est nulle part d\u00e9fini. Dans le r\u00e9gime pro militaire post-transition, cette lacune n\u2019est pas un oubli : c\u2019est une mise en garde. Chaque opposant en exil, chaque journaliste en disgr\u00e2ce peut d\u00e9sormais se retrouver apatride par d\u00e9cret, \u00e0 condition, dit le texte avec une ironie cruelle, que cela ne le rende pas apatride.<\/p>\n<p>Plus structurellement inqui\u00e9tant encore : les articles 57 et 58 institutionnalisent une citoyennet\u00e9 \u00e0 deux vitesses. Les naturalis\u00e9s, ceux n\u00e9s de parents \u00e9trangers, ceux ayant acquis la nationalit\u00e9 par mariage, forment d\u00e9sormais une sous-classe civique permanente. Interdits de pr\u00e9sidence, de parlement, de minist\u00e8re, de magistrature, de commandement militaire. Dix ans d\u2019attente avant de briguer un si\u00e8ge de conseiller municipal, sans pouvoir \u00eatre membre du bureau. La loi ne dit pas \u00ab\u00e9tranger\u00bb. Elle dit \u00abGabonais\u00bb. Mais pas tout \u00e0 fait.<\/p>\n<p>L\u2019ethno-nationalisme en robe de chambre juridique<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la notion d\u2019\u00abascendance autochtone\u00bb, fil rouge qui traverse tout le texte, elle ethnicise la nationalit\u00e9 sans le dire. Ce lien \u00abbiologique, linguistique, culturel, social, spirituel et historique\u00bb \u00e0 des populations ant\u00e9rieures aux institutions modernes ressemble furieusement \u00e0 ce que les juristes appellent, dans d\u2019autres contextes, du nationalisme ethnique. En 2026, alors que ce concept a produit ses catastrophes les plus document\u00e9es, des Balkans au Rwanda, l\u2019inscrire dans un code de nationalit\u00e9 n\u2019est pas une maladresse. C\u2019est un choix.<\/p>\n<p>Lire la suite: <a href=\"https:\/\/www.gabonreview.com\/nationalite-gabonaise-un-nouveau-code-de-servitude-civique\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.gabonreview.com\/nationalite-gabonaise-un-nouveau-code-de-servitude-civique\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Sign\u00e9e le 26 f\u00e9vrier 2026 et publi\u00e9e au Journal Officiel le 25 mars 2026, l\u2019ordonnance portant Code de la Nationalit\u00e9 Gabonaise est peut-\u00eatre le texte le plus dangereux sign\u00e9 depuis le coup d\u2019\u00c9tat d\u2019ao\u00fbt 2023. 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