Au Soudan du Sud, des milliers d’apatrides

Published: 13/May/2026
Source: Afrique XXI

Reportage · Il y a bientôt quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son indépendance. Depuis, l’administration tarde à régulariser ses ressortissants : selon le HCR, 90 % des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistrés sur les bases de données officielles. Des millions d’entre eux pourraient se retrouver sans nationalité reconnue si rien n’était fait.

Par Augustine Passilly

Dans le café-galerie d’art de Juba où elle donne rendez-vous, Animu Athiei affiche sa bonne humeur habituelle. L’activiste sud-soudanaise, fondatrice de sa propre ONG, Animu Athiei Foundation, dédiée à la défense du droit à la nationalité, se trouve pourtant au cœur d’une bataille juridique. Depuis huit ans, elle est privée de passeport et de tout document d’identité. « Je fais partie d’une minorité ethnique, les Kelikos. Ce peuple transfrontalier se retrouve aussi en République démocratique du Congo, alors certains de mes détracteurs prétendent que je suis Congolaise », explique la femme politique au sourire communicatif.

Si la notoriété d’Animu Athiei lui permet d’être médiatisée, faisant espérer à terme une issue positive, des milliers de Sud-Soudanais sont eux aussi devenus apatrides au lendemain de l’indépendance de la plus jeune nation du monde, le 9 juillet 2011. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) distingue deux catégories : les personnes apatrides, qui seraient au moins 18 000 – bien que ce chiffre soit en cours de réévaluation –, et les ressortissants dont la nationalité n’a pas encore été déterminée. Ces derniers constituent la majorité des habitants du Soudan du Sud.

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Themes: Discrimination, Ethnic/Racial/Religious, Loss and Deprivation of Nationality, Statelessness
Regions: South Sudan
Year: 2026