Le Burkina Faso durcit sa loi sur la nationalité automatique par mariage pour les étrangers
Published: 2/Sep/2025
Source: Senenews
Par Thierno Gueye
Adopté à l’unanimité le 1ᵉʳ septembre 2025 par l’Assemblée législative de Transition (ALT), le nouveau Code des personnes et de la famille (CPF) marque une réforme majeure du droit familial burkinabè. Avec ses 1 113 articles répartis en 17 titres et 56 chapitres, ce texte entend moderniser la législation et répondre aux réalités sociales actuelles.
L’une des principales innovations concerne la nationalité burkinabè. Désormais, le mariage avec un Burkinabè n’entraîne plus automatiquement l’acquisition de la nationalité. Un délai minimum de cinq ans est instauré avant qu’un étranger ou un apatride puisse en faire la demande. Cette mesure vise à lutter contre les mariages de complaisance, régulièrement dénoncés comme une voie détournée pour obtenir des papiers burkinabè. Le texte introduit également la possibilité de déchéance de la nationalité pour tout citoyen agissant contre les intérêts du pays, tout en préservant les droits de ses enfants et de son conjoint.
Le CPF consacre aussi une avancée notable sur la question des mariages coutumiers et religieux. Ceux-ci peuvent désormais être transcrits dans les registres d’état civil, leur conférant la même valeur juridique que le mariage civil. Une mesure saluée par plusieurs acteurs de la société, qui y voient une reconnaissance des pratiques sociales largement répandues dans le pays.