Niger: Abdourahamane Tiani déchoit l’activiste « Mayra » de sa nationalité
Published: 15/Jun/2026
Source: Jeune Afrique
Un décret signé du général Abdourahamane Tiani retire « provisoirement » sa nationalité nigérienne à Mariama Djibrine. Comme d’autres personnalités, elle est accusée d’« intelligence avec une puissance étrangère ».
Par Damien Glez
Parmi la boîte à outils répressive contre ceux que les autorités qualifient d’« apatrides », le Niger a déjà largement employé l’instrument de la déchéance de nationalité depuis le milieu de l’année 2024. C’est aujourd’hui Mariama Djibrine qui en fait les frais : elle a été privée « provisoirement » de sa citoyenneté par un décret publié le 11 juin.
Le document rendu public par le secrétariat général du gouvernement porte la signature d’Abdourahamane Tiani lui-même, en tant que président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). L’activiste, connue sous le pseudonyme « Mayra », y est accusée de « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », d’« incitation à la révolte » et d’ « intelligence avec une puissance étrangère ».
De nombreux précédents
La sanction repose sur une ordonnance d’août 2024, modifiée ensuite en octobre, qui institue un fichier des personnes « impliquées dans des actes de terrorisme ou dans toutes autres infractions portant atteinte aux intérêts stratégiques ou fondamentaux de la nation ». Cette disposition a déjà ciblé plusieurs voix critiques du régime.
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En octobre 2024, le général Abdourahamane Tiani avait déjà déchu de leur nationalité neuf responsables du régime renversé un an plus tôt, dont le général Karingama Wali Ibrahim, qui fut notamment chef d’état-major particulier de l’ex-chef de l’État Mahamadou Issoufou, avant d’être nommé à la tête du Centre national d’études sécuritaires et stratégiques (CNESS) par Mohammed Bazoum, et Daouda Djibo Takoubakoye, adjoint au directeur de cabinet présidentiel. Ont suivi les anciens ministres des Affaires étrangères et du Commerce Hassoumi Massoudou et Alkache Alhada, l’ex-colonel Seydina Maman Kadela, ou encore Maman Sani Ali Adam – alias Celon Ali Adam –, Boussada Ben Ali, Mahmoud et Moussa Sallah.
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